
Biographie, vous avez deux heures !
Née en 1990 à Paris, je me suis formée aux métiers d’autrice et illustratrice à la faculté de médecine de Paris 5.
Ce n’était d’abord pas aussi évident bien sûr, même si j’ai choisi la psychiatrie au moment de la spécialisation, mais il n’y a pas vraiment d’école pour devenir autrice, sauf peut-être la lecture, et comme il faut bien faire quelque chose de sa vie à 17 ans quand on n’est pas sérieux, je me suis dit que sauver des vies, c’était un honnête plan de vie, donc j’ai pris la rue de l’école de médecine. Ce n’est pas une image ou une coquetterie de style, ma fac était bien située rue de l’école de médecine, dans le cinquième arrondissement, ce qui est sensé, pratique, et illustre bien le pragmatisme qui me manquait peut-être pour être à ma place rue de l’école de médecine.
Donc après huit années déguisée en blouse blanche à Paris, Berlin et Hong Kong, et une année à hésiter et pédaler (d’abord de Berlin au Cap Nord, où je suis allée à bicyclette pour m’évader quelques mois de la psychiatrie, puis à Paris où j’étais coursière à vélo pendant l’écriture de mon premier roman graphique), j’ai décidé de quitter l’hôpital pour faire une école de BD et illustration, le CESAN, parce qu’il faut bien faire quelque chose de sa vie à 25 ans quand tout le monde vous dit que ce n’est pas une bonne idée d’arrêter la psychiatrie pour faire de la BD. Cette fois c’est une coquetterie de style, parce que cette école m’a effectivement beaucoup appris sur ce métier, j’ai pu retravailler Le syndrome de l’imposteur qui a enfin trouvé un éditeur et été traduit en chinois peu après. J’ai trouvé un autre éditeur pour ma deuxième BD, Nouvelles du dernier étage, donc j’ai quitté l’école avant la dernière année parce que arrêter juste avant la fin, c’est visiblement une manie chez moi.
À ce stade de la lecture, un petit nombre d’entre vous commencent à me trouver agaçante, certains pestent même tout haut contre cette privilégiée insouciante qui a jeté par les fenêtres l’argent que l’état a investi pendant huit ans pour lui payer des études alors qu’on a tellement besoin de médecins. Il y en a même qui vont aller jusqu’à la rubrique
« contact », prendre leur courage à deux mains pour m’informer anonymement qu’on manque de psychiatres et que je devrais avoir honte, comme à chaque fois que je réponds à une interview bien diffusée et que je lis les messages que j’ai reçus après. Je prends donc les devants pour répondre ici que j’ai tout à fait eu honte, j’ai bien reçu l’héritage catholique et sa culpabilité garantie, ne vous inquiétez pas, mais pour le manque de médecins, je vous assure que le numerus clausus est plus responsable que moi. Et si vous pensez que les livres ne sont pas aussi utiles que les médecins, pourquoi donc êtes-vous sur ce site internet à lire ma biographie et pas sur ChatGPT pour qu’on vous raconte exactement les histoires que vous avez envie d’entendre ?
Sur ce site internet, il est effectivement écrit « contactez-moi », mais c’est parce que je suis nulle en ordinateur et que j’ai dû prendre un template pas cher il y a quelques années pour faire ce site, donc je ne peux pas modifier cette rubrique. Régulièrement je me dis que je vais fermer ce site (à chaque fois que je suis débitée, en janvier), mais je me dis aussi que maintenant que c’est payé autant attendre l’année prochaine, d’ailleurs je reçois quand même des propositions intéressantes grâce à cette rubrique « contactez-moi » et des messages de lectrices et lecteurs qui me touchent donc en attendant je le garde, pourtant j’ai un peu honte (je vous l'ai dit, c’est en moi) de ce site mal fait, mais l’éditer est tellement long et fait tellement ramer mon ordinateur que je fais le minimum syndical, par exemple mettre à jour ma biographie une fois par an en me promettant que je ne vais pas y passer plus de deux heures et voilà qu'on arrive presque à la fin de ces deux heures avec l’ordi qui rame alors que je n'ai pas dit l’essentiel, je voulais rebondir sur la reconversion afin d'habilement renvoyer vers mon troisième essai graphique, Mon musée imaginaire, qui démêle un peu ce sujet même s’il parle surtout d’art, d’histoire de l’art et de transmission, mais je n’ai plus le temps donc pour voir mes autres livres publiés depuis (en jeunesse et en littérature), allez directement dans la rubrique « livres », et pour finir l’aspect biographique, je n’habite plus à Paris, mais au bout du Finistère dans un petit village au bord de la mer, je ne fais plus beaucoup de vélo mais plus souvent du surf, j’ai deux filles, un chat à trois pattes et un mari (sauf qu’on n’est pas mariés, je dis ça pour faire plus sérieux).